Comme je vous l’ai raconté dans mon précédent article (Mon experience de grossesse extra-utérine), mon gynéco m’annonce que je fais une grossesse extra-utérine à 4 semaines de grossesse. Je m’en souvient très bien, c’était le lundi 13 juin, et mon taux de HCG était alors de 4069 ui.

On voit très bien sur l’échographie un sac coincé dans ma trompe droite. A ce stade, il n’y a plus aucun doute. Mon gynéco me confie qu’il a vu le cas deux fois dans sa carrière d’un sac qui apparaît dans l’utérus très tardivement, mais jamais à plus de 2000 ui. Il approche la sond de la trompe, appuie sur mon ventre, mais rien, je ne ressent même pas une légére douleur.

Bizarrement, je ne me sent pas spécialement triste ou surprise, je pense que je ne devais pas bien comprendre ce qui se passait sur le moment. Après reflexion, je me dis qu’au fond de moi je le savais, je savais que quelque chose n’allait pas, je savais que ce bébé n’allait jamais voir le jour.

Le gynéco se tourne alors vers moi, et m’explique les différents « traitements » possibles. C’est quand même étrange de parler de traitement pour tuer ce bébé que nous avons mis tellement de temps à concevoir. Oui, je sais, ce n’est pas
encore un bébé, même pas un embryon, mais on ne peut s’empêcher de penser au bébé qu’il aurait pu devenir si notre corps avait été capable de l’accueillir.

il y a donc deux solutions pour en venir à bout :
– Une injection de methotrexate
– Une opération par cœlioscopie
Bien-sûre j’y comprends rien, c’est du charabia tout ça. Je prends deux secondes pour réfléchir, et pose la question que tout le monde aurait posé, que me conseillez-vous ?

Injection de methotrexate

La réponse est sans équivoque, si on opère, il y a de fortes probabilités qu’il faille enlever la trompe. Au vu de mon taux qui est en dessous de 5000ui et comme je ne ressens aucune douleur, mon médecin me propose l’injection de MTX. Il
m’explique que ce traitement va empêcher la multiplication des cellules, et ainsi donc détruire l’œuf sans que l’on touche à ma trompe. Il faudra ensuite surveiller avec des prises de sang que mon taux HCG diminue. La solution me semble parfaite, mais mon gynéco me paraît sceptique sur les chances de réussite. Il me prévient à plusieurs reprises que l’injection risque de ne pas fonctionner, et que dans ce cas, il n’y aura plus de choix, il faudra opérer.

Sa première question est de savoir si je ne suis pas seule chez moi, par poisse (encore !), c’est la semaine ou mon mari est en déplacement. Le gynéco refuse catégoriquement que je reçoive l’injection et reste seule chez moi, je négocie donc que j’irais dormir chez mes parents. Il me propose également un arrêt de travail, en me disant que la trompe peut toujours rompre à n’importe quel moment, et qu’à la moindre douleur suspecte il faut aller aux urgences. Le traitement peut également donner quelques effets secondaires. Au niveau professionnel c’est le mauvais moment pour moi d’être absente, j’irais tout de même travailler malgré mes 150km de route par jours. Le gynéco n’y voit pas d’inconvenant, je peux à tout moment appeler le samu en cas de besoin.

Chose dite, chose faite, je pars directement avec une sage femme recevoir mon injection. Cela n’est pas du tout douloureux, une petite piqure dans la hanche, c’est fait en deux minutes. Les choses vont tellement vite, il y a encore 30mn, j’étais en salle d’attente et espérais voir un embryon dans mon utérus, que je suis déjà devant la porte de mes parents avec mes affaires sur le dos. J’ai rendez- vous dans 3 jours de nouveau pour une échographie.

Echographie de contrôle suite injection MTX

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec cette échographie. Est-ce qu’il sera capable de me dire si le traitement fonctionne ? Les trois derniers jours ont été très stressant. Je n’ai eu aucune douleur, aucun effet secondaire suite à l’injection de MTX. Si vous êtes passé par là, je pense que vous comprenez parfaitement quand je dis qu’on est constamment mort de peur de faire une hémorragie interne sans s’en apercevoir. Pour quel type de douleur est ce qu’il faut vraiment aller aux urgences ? A chaque tiraillement dans le ventre on se pose mille questions. A chaque fois, avant de partir ou de rentrer du travail, je priais pour que ma trompe résiste durant au moins mon heure de route. Inutile donc de préciser, que cette échographie, j’en attendais beaucoup !

Après une petite heure d’attente, c’est enfin mon tour. Je tiens à préciser à quel point mon gynéco est génial quand même, il trouve toujours le temps de me recevoir aux heures qui me conviennent, et qui sont loin d’être flexibles, puisque je ne rentre pas du boulot avant 18h30. Il me demande comment je vais, et je remarque son air ébahit lorsque je réponds avec entrain que tout va très bien, je me sens en forme !

Anxieuse tout de même, je m’installe sur la table d’examen. Il me confirme que l’utérus est toujours vide, je souris intérieurement, soulagée, mais en me disant que les médecins aussi doivent avoir ce petit stresse lorsqu’ils posent un diagnostic de GEU.  J’ai déjà lu des témoignages de femmes ayant appris que leur grossesse était bien intra-utérine mais qui avait reçu par erreur suite à un mauvais diagnostic une injection de MTX, ça doit être vraiment horrible à vivre. Je vois ma trompe à l’écran, et cet œuf qui est toujours là, qui semble même avoir grossit. Mon gynéco m’explique les différents tons de gris que l’on voit à l’écran, et pour lui tant qu’il n’y a pas de sang, c’est bon signe. Une hémorragie se verrait comme une tâche noir derrière l’utérus, et il n’y en a pas. C’est un bon début, mais je veux en savoir plus, et malheureusement je vais rester sur ma faim. Cette échographie a été faite uniquement pour vérifier que ma trompe ai tenu bon, puisque après injection le taux de beta HCG augmente les 3 premiers jours avant de commencer à chuter. Je suis donc repartie pour une nouvelle attente avant la prise de sang prescrite pour le mardi, donc 8 jours post injection. Mon taux doit alors avoir baissé ou il faudra envisager l’opération. Mon médecin me dit qu’il n’est pas pour le fait de faire une deuxième injection. Il est sceptique, je le voit, mais je ne me l’explique pas. Son seul conseil à ce moment, « reposez-vous quand-même ».

On voit bien tout de même sur l’échographie que l’oeuf a grandit, puisque trois jours auparavant il faisait 0.86cm.

Mon séjour aux urgences

Je reste positive, l’oeuf a grandit, mais cela paraît logique si le taux augmente… Je ne suis pas médecin, j’essaye de me rassurer comme je peux. Le lendemain après-midi, je ressens comme des picotements dans ma jambe droite. Cela me paraît suspect, je pars donc du boulot très rapidement à 17h. La route me semble interminable, les picotements se font de plus en plus forts. Inutile de préciser que je n’échappe pas aux bouchons ! 1h30 plus tard, je peux stopper le moteur, je suis arrivée chez moi. Et là, d’un coup, la douleur monte d’un cran, je peine à sortir de ma voiture. Mon mari qui rentre tout juste de son déplacement à l’étranger insiste, nous partons directement à l’hôpital ! La douleur monte exponentiellement, chaque relief sur la route me fait horriblement souffrir. Heureusement, je n’habite qu’à 5mn de l’hôpital, mais le temps d’arriver, je ne peux presque plus marcher.
Lorsque je me présente aux urgences gynécologiques, je me rends compte que les sages-femmes savaient qu’une patiente du dr. xxx risquait de se présenter suite à une GEU. On me dit qu’il a quitté le service il y a 10mn en parlant de moi ! Dans mon malheur, j’ai eu de la chance, le gynéco de garde a été super. Il m’a directement fait une échographie, et m’a rassuré en disant qu’il n’y avait pas de sang dans mon ventre. Il a pris le temps de tout m’expliquer. Pour lui, il faut absolument éviter l’opération tant que c’est possible, il confirme que dans le cas contraire j’y perdrais ma trompe. La douleur étant trop forte, il ne me laisse pas rentrer à la maison et m’hospitalise pour la nuit. Si tout va bien, je pourrais rentrer demain matin. Une sage-femme m’emmène alors m’allonger et me poser une perfusion dans une pièce le temps qu’on me prépare une chambre. Comme à mon habitude, l’étape de la pose de la perfusion est un calvaire, on ne trouve pas de veine… Une fois installée, la sage-femme me laisse et mon mari rentre me chercher mes
affaires.

Seulement voilà, malgré la perfusion la douleur continue d’augmenter, elle devient vraiment difficilement supportable. Je sens que je perds le contrôle sur moi-même, j’ai envie de vomir, mais je ne trouve pas la manette pour appeler de
l’aide, je crie mais personne ne m’entends. Je me demande quand même comment est-ce que j’arrive toujours à me retrouver dans ce type de situation ! Je prends donc mon courage à deux mains, je réussis après mille efforts à m’assoir sur le lit, porter la barre de la perfusion qui n’avait bien-sûre pas de roues (ça aurait été trop facile !) et à me lever ! Chaque pas me parait une victoire, je sors de la chambre, j’aperçois une aide-soignante loin devant, j’ai encore la force de l’appeler, et je sens que je tombe. Très rapidement il y a beaucoup de monde autour de moi, je les entends comme si j’étais très loin, on m’allonge par terre, on me lève les pieds et on me prends ma tension. Je viens de faire mon premier malaise, ça paraît rien mais c’est assez impressionnant ! Moi qui ai toujours une tension très haute malgré mon traitement, faire une chute de tension c’est tout bonnement invraisemblable ! Bref, je suis enfin installée dans ma chambre, la douleur est forte, mais je peux me reposer. Le gynéco de garde me souhaite une bonne nuit en espérant que je puisse quand même dormir un peu, et me souhaite de ne pas avoir besoin de lui cette nuit. Je lui suis très reconnaissante de m’avoir gardé en observation, je ne pense pas que j’aurais pu supporter cette douleur à la maison avec l’angoisse en plus de ne pas être prise en charge à temps en cas de besoin.

La nuit est en effet longue. En plus de mon mal de ventre s’ajoute une douleur qui s’étend du pubis jusqu’à l’épaule. Chaque respiration, c’est comme si on me plantait un couteau à l’épaule. Je résiste autant que je peux, mais mon corps ne suit plus. Je fais à nouveau un malaise, je vomis, en me redressant je manque de peu de tomber du lit. L’équipe est géniale, ils prennent bien soin de moi, le gynéco de garde revient me rendre visite pour une nouvelle échographie. A ce moment je suis presque sûre que je n’échapperais pas à l’opération, mais non, bonne nouvelle, il n’y a pas d’hémorragie. Ma trompe est une Warrior ! D’après le gynéco, ces douleurs à l’épaule sont dues à une accumulation de sang dans la trompe. Il insiste sur le fait qu’il sait et comprend que mes douleurs sont très fortes malgré qu’il n’y ai pas d’épanchement. Je parviens enfin ensuite à m’endormir. Le lendemain matin, j’espère honnêtement rentrer à la maison. J’ai droit à une nouvelle échographie de contrôle qui est bonne, mais le médecin insiste pour me garder encore une nuit. Au fil de la journée, je me sens de mieux en mieux. Je passe une bonne nuit, et dimanche matin je suis de nouveau capable de marcher sur de courtes distances. Je rentre enfin à la maison, même si je dois rester au lit, je ne suis pas capable de beaucoup plus. La prochaine étape est la prise de sang de mardi, mais je suis confiante ! Je n’ai quand même pas souffert tout ça pour rien ?

La prise de sang de contrôle du beta HCG à J8

On est enfin mardi, je me sent beaucoup mieux que le weekend dernier. J’ai hâte d’aller faire ma prise de sang, et je l’espère, pouvoir rapidement me libérer l’esprit.

Je croise mon gynéco dans les couloirs de l’hôpital qui me dit qu’il a été informé de mon hospitalisation. Il aimerait me refaire une échographie dès que j’en ai fini avec ma prise de sang. Me voilà donc 15mn plus tard dans la salle d’échographie. Comme à son habitude son visage est très expressif, « vous voyez cette masse noir derrière l’utérus, c’est du sang, y’en a sur 6cm, c’est vraiment pas bon signe». Le ton est donné ! Ma trompe a fissuré. J’ai un peu de mal à digérer l’information, je suis perdue. Il tente d’être rassurant, me serre la main pendant une bonne minute, puis me dit d’attendre et de voir sa secrétaire dès que je reçois le résultat de la prise de sang. Je n’ai pas eu à attendre longtemps, 30mn plus tard je reçois le mail du laboratoire.

Résultat du 21 juin à J8: 3 962ui contre 4 069ui le jour de l’injection  Le taux n’a presque pas diminué, ajouté à cela l’épanchement de sang, je comprends tout de suite que c’est pas bon. Le médecin me regarde droit dans les yeux, et me propose deux options, soit on opère, soit on prends le risque d’attendre 48h pour refaire une prise de sang. Pourquoi est-ce qu’il me pose la question ? A ce moment, je ne pense qu’à une seule chose, ma trompe. « Si vous opérez, y’a-t ’il beaucoup de risques que vous enleviez la trompe ? » Il répond par le positif sans hésitation. Dans ce cas je veux attendre ! Il me dit que des gens en France meurent encore aujourd’hui de GEU, et que je ne dois pas rester seul et appeler le samu au moindre doute. Mon ventre peux se remplir de sang en moins de 15mn, je commencerais sûrement par perdre conscience. Est-ce qu’il essaye de me faire peur ? Avec le recul, je pense que oui, mais sur le moment je me suis simplement dit que si il me laisse le choix c’est qu’il n’y a pas trop de risques non plus.

Ma mère vient me récupérer, et angoissée me propose d’appeler mon mari pour en discuter. Pour eux, il est hors de question de rentrer et de prendre le risque d’en mourir. Je vois qu’ils ont vraiment peur pour moi, et je me décide à retourner directement voir mon gynéco. Il prend à nouveau le temps de m’accueillir et en voyant ma mère, insiste pour qu’elle entre aussi. « Je préférerais que vous entendiez ce que j’ai à dire Madame». Mais voilà, une fois que je lui ai dit que j’ai changé d’avis, il n’a plus rien dit, et a répondu du tac-au- tac en regardant son agenda, on opère au plus vite, ce soir.

J’ai un grand doute, et j’espère vraiment prendre la bonne décision.

Qu’auriez vous fait à ma place?

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